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Happy new year

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Oasis

Oasis

Long John Silver #1

Long John #1 Long John Silver

Paillasson le hérisson!

Paillasson le hérisson se frottait le museau contre les rebords rugueux d'une planche décloutée de l'enclos de la petite chapelle de Sainte Barbe, à Saint Jean de Luz. S'étant raclé la truffe dans les règles de l'art, il visa ensuite une belle écharde, assez longue et solidement arrimée pour la faire glisser entre ses piquants et se gratter ainsi le dos en des endroits inaccessibles et propices aux démangeaisons tatillonnes.

Paillasson s'étira à satiété, soulagé, et s'assis pour siester, face à l'océan. Son déjeuner de vers de terre avait été trop copieux et son ventre accusait le coup. La brise marine qui lui chatouillait les narines était la bienvenue car la chaleur post meridiem claquait toute velléité d'effort.

Plongé dans un rêve de cuirasses, notre polisson ne sentit pas monter la brouillarta, grand vent annonciateur de tempête au Pays Basque. La palissade hoquetta, tressauta puis toutes ses planches voulurent reprendre leur liberté en même temps, telles des garnements capricieux et trépignants à l'heure de la récrée. Mais le sommeil de Paillasson n'avait cure d'un peu d'agitation paroissiale. Il continuait de roupiller contre vents et marées.

Jusqu'à ce qu'une première goutte de pluie mélangée d'embrun termine sa course précipitée en explosant de joie sur la truffe du hérisson. Se hérissant l'échine, Paillasson ouvrit un oeil au pif. N'ayant pas suivi de cours de probas, il ne put apprécier la douce ironie de la nouvelle goutte de pluie qui choisit justement de tomber dans l'oeil ouvert. Définitivement agacé, il se résolu à se dérouler et dodeliner vers l'abri le plus proche. Bien lui en prit car quelques secondes plus tard, il tombait des hallebardes, bien meilleures duellistes que ses piquants. La tempête fouettait maintenant sans discontinuer la petite chapelle. Paillasson était quant à lui bien à l'abri sous son rocher, au sec; il patienta longtemps, très longtemps, le regard hagard, perdu dans les flaques, où les frasques des vers de terre lui inspiraient mets et merveilles.

Puis comme dans toute histoire classique pour les gosses, après la pluie, vînt le beau temps.

Le soleil commençait à peine à réchauffer le sol détrempé, que Paillasson avait déjà terminé son nouveau gueuleton de vers de terre.
L'air marin et la lumière estivale lui donnèrent ensuite envie d'une petite promenade. Il opta pour la digue!
Il se prit un dernier ver pour la route, et descendit la colline en dodelinant, repu.

Les vagues étaient encore puissantes et certaines passaient par-dessus les blocs de pierre, dans un fosbury impeccable. Hypnotisé par le spectacle, il ne remarqua pas tout de suite la présence d'un objet rond au début de la digue, qui n'était pas là les jours précédents. Intrigué, il s'en approcha assez pour reconnaître un de ses congénères, roulé en boule, mais dont les piquants étaient bizarrement teintés de violet.

Il toussota légèrement, se racla un peu la gorge, et heureux d'avoir de la compagnie, se présenta, guilleret:

-"Bonjour, je suis Paillasson, le hérisson!"

Aucune réponse. Il fut un peu déçu de ce silence et s'apprêtait à réitérer ses présentations, quand une petite voix s'éleva de nulle part:

-"Bo ... bonjour, je suis Picotine, l'oursine!"

-"Un oursine? Vous n'êtes pas un hérisson? Pourtant, on dirait moi quand j'ai peur!" demanda Paillasson, surpris.

-"Tout d'abord, je suis une oursine, et ensuite, je ne sais pas ce qu'est un hérisson!"

-"Ben ... un hérisson, c'est ... comme moi!"

S'ensuivit un dialogue encore plus passionnant, au cours duquel Paillasson et Picotine se racontèrent leur vie respective, lui, adorant se dorer la pillule au soleil en sirotant un ver, elle, se faire caresser les flancs par l'écume salée des vagues, lascive sur un rocher chauffé par le soleil ... image qui piqua la curiosité de Paillasson.

Tout émoustillé par cette rencontre fortuite d'une demoiselle sa foi fort charmante, il dodelina un peu plus près de Picotine, en vue d'un accostage. Malheureusement, une vague plus forte que les autres déferla soudainement sur la digue et balaya l'oursine, qui ne put se retenir au bastingage de leur amitié naissante, et fut emportée au fond de la baie de Saint Jean de Luz.

Paillasson se précipita vers le rebord et aperçu Picotine qui se posait en douceur sur le sable, au fond de l'eau. Il ne pouvait plus l'entendre et à l'idée d'avoir perdu une amie, une larme perla d'un oeil, et il rendit la goutte de pluie à l'océan.

Gandhi!

Gandhi

Scissor Sisters!

1er avril 1917, à Troyes: 6h15 L'allure dégingandée, Corentin Celton courait cahin-caha sous un crachin matinal, qui lui rappelait sa Bretagne natale. Le sport n'était pas son fort, et il s'ébrouait à trouver un improbable deuxième souffle, entre deux quintes de toux, sur la faible distance qui le séparait encore de l'entrepôt des postes de Bellegarde, en bout de gare.
Cette aube de printemps était comme hiver ... sombre et sordide ... c'était la guerre de 14-18 et les 16 automnes de Corentin auraient logiquement dû le projeter sur un front garni de soldats tout juste pubères.
C'était sans compter cette toux qui le taraudait en continu depuis l'âge de 12 ans, suite à une déglutition ratée de la balle en argent de son grand-père Edern Celton, vestige de la guerre franco-prussienne de 1871.
A l'origine de cette bille logée au milieu de ses poumons, provoquant une irritation et une toux permanentes, il y avait une farce proposée à son frère cadet Yannek.

Son esprit poétiquement mutin se délectait à l’idée de couler un bronze en argent sur le zinc du bistrot familial à Trebeurden. Yannek craignait la déculottée pour une raclée en règle, Corentin répliquait qu’ayant déjà la culotte sur les genoux, il priverait le « vieux » d’une partie de son pouvoir d’humiliation.
Il goba la balle aussi sec, et voilà comment un détournement au niveau de la trachée lui valu d'échapper aux caniveaux des tranchées, pour se retrouver au tri du service militaire des postes de Rhône-Alpes.

Une journée au contrôle postal démarrait toujours par le sifflement du train de 5h47, qui charriait sur un quai glacé quelques sacs de toile grossière, bourrés de paroles de poilus.
L'officier Emile Jouffrin était de déchargement ce jour-là, et finissait d'éventrer les sacs postaux sur une planche posée au fond du bureau des postes, lorsque Corentin se glissa dans la pièce.
"En retard!" lui admonesta officiellement Emile, et, sans attendre d'excuse, ajouta:
"Prend le tisonnier et remue cette mauvaise tourbe, elle ne veut pas partir."
Penaud, Corentin s'approcha du poêle, sans broncher, et enfonça la pointe au cœur de la terre tout juste rougeaude, pour tenter de réchauffer l'atmosphère.
La centaine de soldats, caporaux, sous-officiers, adjudants, lieutenants et enfin capitaines embauchaient ensuite dans cet ordre, entre 6h30 et 7h, dans une solennité renforcée par des moustaches inamovibles.
Ces recalés, planqués et blessés légers avaient tous conscience d'être privilégiés, et bataillaient ferme pour tenir leur position sur ces postes jalousés par des millions de soldats.
L'ambiance n'était donc pas des plus jouasse, ce qui n'était pas vraiment du goût de Corentin. Depuis 5 mois, il triait inlassablement des monceaux de lettres pour les déposer par paquet de dix, au rythme de ses toussotements, devant des soldats chargés de lire quotidiennement, mal assis et sous une lumière pauvre, pas moins de 400 correspondances, tels des moines traquant minutieusement la moindre indiscrétion, dans un silence lugubre.
Une seule pause déjeuner d'une heure, de midi à 13h, pour bâfrer une gamelle de topinambours au jus de viande et boire un demi-litron de vinasse piquée; le travail reprenait pour ne s'interrompre qu'à 18h, le tout 6 jours sur 7.
Les journées étaient donc mornes et répétitives ... jusqu'à ce jour de 1er avril.
Les facultés de lecture étant généralement altérées par la digestion, entre 14h et 15h, Corentin se dépêchait de distribuer ses piles de lettres, prenant ainsi un peu d’avance, pour grapiller quelques minutes de repos avant d'entamer la tournée suivante.
Et c'est lors d'une de ces courtes pauses que son regard se posa par un grand hasard sur une lettre très particulière, trônant en haut de l'énorme tas, dont il ne faisait d'ordinaire pas grand cas.
Il s'agissait d'une enveloppe banale, sur laquelle l'expéditeur avait dessiné un visage souriant, clignant de l'oeil, à gauche d'un destinataire étonnant: "Aux lecteurs du service des postes de Bellegarde - 01200 BELLEGARDE"
Sa curiosité naturelle était titillée! Aucune autre singularité apparente. Seul ce visage bonhomme laissait penser qu'il ne s'agissait pas d'une simple missive adressée au service des postes! Il y avait plus! Et son instinct trublion vibrait de découvrir par lui-même ce qu'elle renfermait.
Il en était là de ses réflexions quand un rappel à l'ordre du capitaine le diligenta à glisser discrètement la lettre dans sa poche pour reprendre fissa ses tournées. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il eut à nouveau quelques minutes pour se mettre à l'écart et se décider à décacheter le courrier à l'abri des regards.
L'écriture était agréable et les premières lignes lui décochèrent un sourire malicieux qui ne tarda pas à se parsemer de rires, en anacrouses de sa symphonie pulmonaire.

"Chère Anastasie,
Tu dois te sentir bien seule dans tes retranchements, attaquée sur tous les fronts par des armées de défaitistes ou pacifistes, qui t'écrivent à tout va des phrases telles que: "Le censeur boit le sang des frères", "Est-ce que les troufions ont le feu à l'arrière?" ou encore "Vous ne risquez de crever que de petite mort".
Mais moi, je sais bien que tu ne censures pas de bon cœur, et que tes ciseaux ne sont pas envoyés au rémouleur par pur plaisir. Comme tout le monde, tu as envie d'être aimée, reconnue, et je suis sûr qu'il t'arrive de rire à gorge dévoyée à l'écoute d'une blague bien salace; me trompe-je?
Alors oui! Nous sommes embourbés dans les tranchées, crevant de faim sous le feu nourri de l'ennemi, rêvant d'oeufs bochés, nous demandant pourquoi les russes jouent les fauteurs de roubles en nous abandonnant à notre triste mort!
Alors oui! Les braves en bavent, mais ils oublient trop vite les combattants de l'ombre qui ont renoncé au devant de la scène pour endosser un rôle ingrat, celui de l'immaculée conscription.
Tu auras très prochainement l'occasion de me lire à nouveau, et j'espère que j'arriverai à te tirer quelques larmes … de joie.
Pour finir, j'aimerais signaler que l'été arrive et que la question de la coupe estivale va se poser! Alors, fraîche ou franche, si j'ai mon mot à dire, je l'aimerais légèrement dégagée sur les oreilles!
amicalement,
Le soldat méconnu
Pet Mortem: les coups et les douleurs ne se commandent pas, cependant je reste à votre sévice!

Corentin n'en revenait pas! Lors des veillées nocturne à la caserne, les soldats du CPM parlaient régulièrement de poilus qui prenaient les censeurs à partie dans leurs correspondances à leurs proches, mais il n'avait jamais eu vent de lettres directement adressées au contrôle postal, et encore moins pour tenter de le faire rire!
Encore émerveillé d'une telle audace d'écriture, pourtant passible de mort en ce début d’année 1917, il reprit sa tournée, guilleret et soucieux. Il ne savait que faire de cette lettre ... fallait-il qu'il la signale au capitaine, avec le risque qu'on lui reproche de l'avoir ouverte? Ou bien se donnait-il le droit de la garder pour lui? La réponse lui vint le lendemain, claire et lumineuse, lorsqu'il découvrit au fil de la journée une cinquantaine de nouvelles missives de ce drôle de correspondant, au milieu des sacs du jour, toutes affublées d'un visage souriant! Il n’avait pas besoin des ouvrir, il comprenait enfin quel rôle il aurait à jouer.
Il les mit de côté, une à une, attendant l'occasion propice pour agir, et lorsqu'il en eut assez, confectionna une série de piles de 10 lettres contenant toutes un témoignage de ce "soldat méconnu". Il regarda l'assemblée de mines austères, plongées 12 heures par jour dans l'intimité de leurs compatriotes, et se lança dans une tournée triomphale.
Des rires étouffés étincelèrent, éparpillés, puis de francs éclats de joie de vivre fusèrent de partout, incontrôlés, spontanés. Le capitaine, qui lisait son Crapouillot sur sa chaise grinçante, soufflé par cette soudaine grosse poilade générale, resta coi une bonne minute avant de reprendre le contrôle du contrôle postal d’un rappel à l’ordre intimidant. Le bureau des postes reprit bientôt son état normal, répétitif et morne, mais l'espace d'un instant, Corentin avait réussi, avec l'aide d'un illustre inconnu, à imposer une minute de brouhaha revigorant dans ce silence de mort.

Brad Pitt (Inglorious Basterds)

Brad Pitt (inglorious basterds)

Steppes bye steppes!

Province du Kentii (Mongolie).
Août s'achève.
Son énergie quitte doucement les steppes dont le verdoyant en verve des trois derniers mois se mue désormais en un roux silencieux. La nature semble ainsi reprendre son souffle avant d'affronter les hordes hivernales.
L'apathie du soleil levant rendrait mélancolique plus d'un occidental sensible aux contemplations romantiques, mais pas Nandin. Elle est mongole. La steppe ne lui apporte ni solitude ni rêverie désenchantée. Il lui suffit d'ouvrir les yeux pour embrasser et absorber pleinement l'espace qui s'offre à elle.

L'air matinal, chargé de brumes évanescentes et de parfums descendus de la taïga sibérienne, revigore son visage tanné, cuivré, figé par l'ivresse du soleil et l'altitude. Assise sur son cheval, jambes arquées, elle prend la pose et soin de chauffer de sa main calleuse l'encolure sombre de Takh, son cheval przewalski, l'un des derniers de son espèce.
Les pans de sa deel claquent sur ses jambes; l'annonce du départ, par ce vent permanent qui a toujours accompagné les nomades dans leurs errances.
Un mouvement de la hanche, Takh s'ébroue et s'ébranle.

Cela fait trois jours qu'elle a quitté son campement pour faire route vers le sud à la recherche de l'"Horizon Blanc", cette ligne de lumière éclatante, visible à 100kms et symbole du renouveau de la Mongolie; ce pays, autrefois synonyme de force tranquille, isolé et hors du temps, était devenu en l'espace de quelques années une force active, une puissance énergétique sur le plan mondial, mais avec la triste perspective de perdre en retour une partie de son âme: la steppe.
Takh trotte tranquillement, avançant à son rythme, laissant à Nandin le plaisir de savourer les distances, au ralenti, d'apprécier sa véritable place au sein de cette nature. Les plaines mongoles sont en réalité de vastes vallées herbeuses parsemées d'anonymes géants endormis qui n'affichent plus aucune velléité depuis bien longtemps. Les cavaliers ont l'habitude d'y circuler paisiblement, sans doute pour ne pas les réveiller.
Vers midi, la chaleur devient difficile à supporter, sans aucune ombre salvatrice, et pousse la nomade à se poser. Elle balaie les poils en bataille de son cheval, qui s'arrête alors au milieu de nulle part. Nandin met le pied à terre, et tend une couverture entre la selle et le sol pour s'allonger un moment, à l'abri de sa monture.

La tête sur le côté, détendue, elle contemple, entre les mèches noires de jais de sa chevelure, les derniers edelweiss défraichis de la saison, et se dit avant de somnoler qu'elle n'est pas prête à en brûler dans sa yourte ... pour le moment, elle aime cette vie sans attache, sans homme.

Repue de repos et rassasiée de buuz froids, elle rabat sa couverture sur la selle, et s'apprête à enfourcher Takh lorsqu'un objet passe en sifflant à moins de 5 centimètres de son nez! Elle suit dans un réflexe le sens de la trajectoire pour voir atterrir au sol un petit caillou blanc! Elle se retourne aussitôt, et voit un homme, à environ 200m, qui s'approche dans sa direction.

Elle ne bouge plus, ne le quitte pas des yeux. Elle n'est pas vraiment inquiète mais reste alerte cependant.

Encore éloigné de quelques dizaines de mètres, elle remarque qu'il s'agit d'un étranger, de bonne stature. Celui-ci fait vibrer un "Sain baina uu" de convenance, presque sans accent, accompagné d'un grand sourire rassurant. C'est alors qu'elle remarque un détail curieux ... cet inconnu tient à la main un club de golf, faisant office de bâton de marche! Un déclic dans sa tête, elle fait le rapprochement avec ce "caillou" blanc qui vient de la frôler ... et sourit en retour.

-Je suis vraiment désolé, je ne vous avais pas vue! J'ai complètement vrillé mon swing et le vent aidant, Wilson a foncé vers vous! Tout va bien? Il ne vous a pas touché, j'espère?
Nandin agrandit encore son sourire. Elle n'était pas habituée à entendre des étrangers parler sa langue aussi parfaitement, et encore moins à en voir jouer au golf en plein milieu du Kentii, parlant de leur balle comme d'une personne.
-Je n'ai rien, ça va. Mais vous savez qu'il n'y a pas de green dans le coin!? ajouta-t-elle ironiquement. Vous visiez quoi au départ?
Il la dévisagea un instant, les yeux pétillants:
- Aucun "green" ... effectivement, mais regardez-moi ces étendues d'herbe rase! dit-il en balayant théâtralement le paysage de la main. Le Kentii est un golf à ciel ouvert!
Et pour répondre à votre question, je suis parti d'Ulaangom il y a 2 mois et j'ai entrepris de rejoindre Tschoibalsan d'ici 2 à 3 semaines, avant le début de l'automne.
Mais j'ai oublié de me présenter: Wilhelm. Je viens de France, ajouta-t-il.
-Je m'appelle Nandin, dit-elle en s'accoudant sur Takh, sa réserve initiale laissant place nette à toute sa curiosité.
mais ... attendez, vous venez d'Ulaangom ... et vous tapez dans votre balle de golf ... depuis là-bas? Depuis 2 mois?
-Voilà! Vous avez tout compris! Je visite régulièrement la Mongolie depuis une dizaine d'année et je rêvais de parcourir les steppes dans un contexte sportif original, et c'est ce que j'ai trouvé de moins fatiguant! répondit-il en passant sa main dans ses cheveux courts desséchés par le vent.
Et puis, avec la prolifération constante des éoliennes, je voulais me dépêcher de voir les steppes encore vierges de modernisme technologique.
Le visage de Nandin s'assombrit, ce que ne manqua pas de remarquer Wilhelm.
-Oh, excusez-moi, je ne voulais pas casser l'ambiance ... je sais que cette politique énergétique n'est pas appréciée d'une grande partie des mongols. Vous vivez dans cette région, c'est ça?
Elle lui indiqua le sud du menton.
- Je vais justement dans cette direction pour voir à quel vitesse l'horizon blanc avance vers nous. Des cousins qui habitent près d'ici disent qu'il est désormais visible de leur campement.
- Ca ne m'étonne pas. Quand j'ai commencé mon parcours, le gouvernement venait d'annoncer que la 4è phase d'extension atteindrait le nord du Kentii d'ici 5 ans. Il y aura donc des éoliennes très vite par ici.
- Je sais ... marmonna Nandin, le regard dur.
-Bon ... hum ... sinon, vous avez vu où est tombé Wilson? expédia-t-il, le sujet de ces goliaths étant d'évidence assez sensible. Je dois me remettre en route, j'ai pris du retard sur mon planning, en le cherchant pendant 2h ce matin dans un rough du diable!
-Vous avez donné un nom à votre balle de golf? interrogea Nandin, décidément, cet étranger l'intriguait de plus en plus.
-Ah ... oui, c'est vrai qu'après 2 mois, je ne fais plus attention ... c'est en rapport avec le film, Cast Away, dans lequel Tom Hanks se met à parler à un ballon de volley de marque Wilson.
Il se retrouve tout seul sur une île déserte et pour ne pas sombrer dans la folie, il fait de l'anthropomorphisme primaire avec cet alter ego un peu particulier. Pour faire le lien avec mon histoire, une semaine après mon départ, je cherchais désespérément ma balle suite à un drive de folie; je me suis mis à "engueuler" ma balle, sorte de gamin espiègle qui trouve rigolo de jouer à cache-cache, alors qu'il se met à pleuvoir des cordes.
Lorsque je la trouvai, furieux, je remarquai en l'attrapant et en la sermonnant que la marque de cette balle était ... Wilson! J'étais moi-même seul au milieu de nulle part, en train de parler à une balle ... j'ai trouvé le parallèle amusant; et puis, finalement, le personnifier m'aide à en prendre soin, à tout faire pour le retrouver lorsqu'il semble perdu dans de hautes herbes, afin qu'il m'accompagne de bout en bout de ce challenge.

Le sourire silencieux de Nandin en disait long sur son étonnement. Elle regardait Wilhelm farfouiller entre les edelweiss à la recherche de son caillou, intriguée sur la signification d'une telle rencontre, ici et maintenant.

- Ah, le voilà, il a vraiment dû vous frôler, il était juste derrière votre cheval. Eh bien ... en ce qui me concerne, je continue vers l'Est, je suppose que vous allez plein Sud, non?
-Exactement, je dois les voir, et essayer de faire quelque chose. Même seule, je veux essayer de lutter.
- Hum ... vous savez que vous ne pourrez rien faire contre ces géants métalliques ... il y en a déjà plusieurs milliers, et de plus, il parait qu'ils sont très bien gardés ...

Devant le regard fixe et décidé de Nandin, scrutant cet horizon menacé par une aube opaline, Wilhelm agrippa son mini-sac de golf.
-eh bien, écoutez, vous savez quoi? Je ne vous laisserai pas affronter ces éoliennes sans arme! Voyons voir ... ah, tenez ... un fer 3 me parait approprié.

Surprise et ne comprenant pas vraiment le sens de ce cadeau, elle le déclina poliment mais sèchement.
- Tut tut tut (oui, il y a un équivalent à cette onomatopée en Mongol) J'y tiens absolument, considérez que cela rattrape ma maladresse de tout à l'heure lorsque j'ai failli vous assommer.
Et puis, mince, un fer 3! C'est avec ce club que Jack Nicklaus a créé sa légende à l'Open Britannique, en 1978! Une arme redoutable, je vous assure!
Wilhelm affichait alors une telle assurance et une telle confiance que Nandin finit par accepter, et se retrouva avec cette canne entre les mains, arme symbolique offerte par un inconnu venu du bout du monde pour parler à ses balles de golf.

Elle accrocha le club sur le flanc de Takh.
-Ce fut une belle rencontre Nandin, j'espère que vous trouverez ce que vous cherchez là-bas, dit-il en la scrutant.
-Je ne sais pas, répondit-elle, je verrai le moment venu ... merci pour votre canne, ce geste me touche beaucoup.
A son tour, il sourit silencieusement quelques secondes, puis se mit en position pour driver à nouveau Wilson.
Maintenant qu'elle l'imaginait comme une personne vivante, Nandin eut un sursaut lorsque le bois le frappa.
Wilson transperça les airs et fila vers l'Est, vers cet horizon encore naturel. Wilhelm fit un dernier signe de la main et se retourna pour rejoindre son compagnon.

Nandin resta là un moment, à côté de Takh, jusqu'à ce que l'étranger ne fut plus qu'un point à ses yeux.
Les pans de sa deel se mirent à claquer sous le vent ... le signal du départ.

Où le regard ne porte pas!

Où le regard ne porte pas!

Hic Files!

Une aventure de Dana Scoobi:

"... et le dernier film de Moody Allen, 'To look Jung', ouaah, le top!!
Bon, c'est un peu 5ème degré, mais en gros, ça raconte les dernières années du psy Carl Jung, vivant sereinement dans sa tour, au bord du lac supérieur de Zurich et écrivant les derniers chapitres de ses mémoires face au mouvement lourd et lent du lac.
Donc, au début, on le voit en train d'écrire, les jours passent et sont apparemment identiques les uns aux autres. Et puis, après 10 minutes, un élément extérieur vient perturber sa retraite paisible. Je peux te décrire cet événement, parce qu'il en survient une bonne vingtaine par la suite, tout aussi surprenant. Sur ces 10 premières minutes, on ne reconnaissait pas trop la patte de Allen avec ce rythme lent et intimiste, mais la cocasserie événementielle entre ensuite en scène pour ne plus quitter la pellicule, jusqu'à la fin.
Donc, je te raconte la scène ... imagine le vieil homme, qui a quand même posé avec Freud les bases de la psychanalyse, couchant paisiblement par écrit comme un testament ses convictions et conclusions les plus profondes sur le sujet, jusqu'à ce bel après-midi de septembre au cours duquel des cris, provenant du lac, le sortirent de sa concentration.
Il se lève de sa chaise et aperçoit trois jeunes filles complètement nues dans une barque, à peine à quelques dizaines de mètres seulement de son rivage. Dans une ambiance primesautière, elles plongent alternativement dans l'eau, perçant la croûte molle du lac. Alors, forcément, il se demande ce qu'elles sont venues faire si près de sa propriété ... et pourquoi gottferdom elles sont si nues et si jolies?
Bref, pour résumer, on se rend compte par la suite que ces trois filles symbolisent les Parques et donc la destinée de Jung, qui sera confronté ensuite tout au long du film à la représentation physique de ses théories psychanalytiques.
Bien sûr, Jung est joué par Allen himself, génial comme dab dans un rôle torturé psychanalytique, et on pourrait presque dire que ce film ferait un bon dernier film de carrière, la concluant ainsi par cet apogée de l'obsession existentielle.
Non, franchement, à première vue, ce film là n'est pas facile d'accès, même si les effets comiques parleront à tout le monde, mais si on connait un peu l'oeuvre de Allen, il est tout simplement extraordinaire et logique à ce stade de sa filmographie et donc ensuite ... "

Dana savourait le résumé de Nico d'une oreille attentive, tout en touillant mécaniquement son lait cacao coco Havelaar, sortant régulièrement la touillette pour en lécher le sucre, précieusement raclé et récolté au fond du gobelet. En cette morne et torve matinée de printemps, un câlin gustatif autour du distributeur de boissons était le bienvenu.
A son arrivée au bureau, un rapide coup d'oeil sur le planning de la journée lui avait en effet pompé net tout le capital bonne humeur, accumulé tout au long du trajet en écoutant Rires&Suçons, nouvelle fréquence radio pour adeptes de jeux d'O et d'esprits!
A l'instar de sa consœur Rires&Chansons, cette bande FM alternait sketches humoristiques et extraits audios de films et séries érotiques. Bien entendu, morale étant mère de sureté et de chasteté, une sécurité était présente au début de chaque émission, par le biais d'un message efficace:
"Si vous êtes âgé de plus de 18 ans, vous pouvez écouter, sinon, vous devez écourter!"

Dana essayait donc, par une pose atone, de faire durer cette pause "Page culturelle Cahiers du Cinéma" distillée - Elle est pas belle la vie?(Essai d'écriture subliminale) - par Nico à la mini assemblée de bourreaux de bureau, afin de se regonfler d'énergie positive.
Quand soudain !!!!!!
Pierrot s'éberlua:"Tiens, c'est troublant, j'ai cliqué sur "Café Espresso (Paysans exploités)", et j'ai eu un "Thé Citron", chuis vert!"

Pierrot étant l'un de ces habitués des podiums, régulièrement vainqueur des populaires tournois "Redresseurs de tordus", compétitions qui consistent à rendre parfaitement horizontal un tableau accroché au mur uniquement à l'aide d'un œil affuté, Dana supputa logiquement que le problème ne venait pas d'une banale erreur de touche, ou de bouche, mais bien du distributeur himself.

La curiosité aux aguets, elle s'approcha de la machine, introduisit fébrilement une pièce dans la pénombre inquiétante de l'orifice sans fond, d'où l'écho himself ne revenait pas, et choisit le même breuvage que Pierrot. Les secondes s'égrenèrent au rythme du café en grains dissout dans l'eau chaude ... sauf que ... cette fois encore, il s'agissait d'un thé citron fumant! Dammit!

A l'idée de ne pouvoir humer l'arôme moka non moulu, l'humeur des collègues redevint terre à terre, et, sur fond de mystère et de misère culturelle, la journée se traîna telle un décathlonien en manque de tonus le dernier jour d'une compétition sportive.

Le lendemain matin, Dana sirotait à nouveau son coco cacao, mais l'ambiance était nettement moins participative. Un an de présidence sarkozy et une journée sans café avaient eu raison, malgré l'oraison de la veille, de toute l'énergie d'une équipe.

Puis vînt le messie: Le préposé au ravitaillement du distributeur!

Nerveux comme lors d'un premier rendez-vous, le coeur des amoureux du café battait la chamade, n'osant parler et risquer de briser le charme d'un homme censé les délivrer du manque croissant de caféine.
Blafard, boule à zéro, en blouse beige, avec un écusson nominatif mal collé qui s'écornait, il remarquait à peine l'attente fiévreuse qui surchauffait la pièce, et répétait mécaniquement des gestes usés quotidiens.
Mais alors que la bête était éventrée, Dana remarqua que la colonne de distribution de café, indiquée par un autocollant, était bien remplie de grains torréfiés! Très intriguée, elle se rapprocha pour examiner le mécanisme. Humm, à priori, aucun problème d'échange de thé à la place du café! Le souci devait donc venir d'ailleurs!

-"Veuillez m'excuser, monsieur le préposé, mais y aurait-il un moyen de voir plus en détail tout le circuit de distribution siouplé? Depuis hier, lorsque nous commandons du café, nous obtenons du thé!"
Maugréant quelques onomatopées inaudibles, le préposé se mit à ouvrir toutes les trappes de la machine.
Mais aucun dysfonctionnement n'était apparent. Le mystère s'épaississait.

Dana semblait désemparée face à la bête souffrant d'une maladie inconnue. Mais à l'instar d'un Dr House, piégé dans ses retranchements et cherchant une lumière, un fil conducteur, la solution explosa aux yeux de Dana lorsqu'elle vit Pierrot s'essayant à recoller les coins de l'écusson du préposé!

Mais bien sûr!! Un autocollant!! Arf, la solution était évidente, sous ses yeux depuis le début! Elle se retourna prestement et s'approcha au plus près des autocollants qui permettaient d'identifier les colonnes de distribution. Ils avaient l'air anormalement neufs. Elle tenta d'en décoller un, en s'acharnant bec et ongles, mais ces derniers étaient trop courts, dûs à sa passion du piano. Pierrot vînt à son secours et tout en minutie, décolla lentement l'autocollant du café, découvrant ainsi un second autocollant, mais avec une photo de Thé cette fois-ci ... et une inscription surprenante en police "Comic Sans MS", taille 4, juste en dessous:

"Les Thé Roristes ont frappé!"

Dana interrogea le préposé qui visiblement ne comprenait rien à l'affaire, et refermait déjà le panneau après avoir interverti le contenu des colonnes de thé et café.
La vérité devait être ailleurs et elle se jurait bien d'en découvrir le fin mot!
Mais en attendant, comme un bon Astérix & Obélix qui se termine toujours par un banquet, la joie du café retrouvé prit le dessus et cet épisode se termina sur ce tableau de liesse populaire, Pierrot ayant contribué à le remettre d'aplomb.

Dana venait de résoudre une partie de l'énigme, mais il lui restait maintenant à découvrir qui était derrière cette machination de la machine à café! Qui étaient ces "Thé Roristes"? Son équipe était passée à deux doigts du suicide collectif et il s'agissait de dénicher les coupables, afin d'éviter tout drame futur.

To be continued ...

Jeff!

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Retour vers le futur antérieur!

__++ 1er chapitre: Entrée en scène++__

Le parquet venait d'être ciré jusque dans les jointures, et la patine luisait sous les pas des nouvelles pointures de la scène théâtrale parisienne. Ainsi, "Doc" Gauthier était aux anges, car il aimait glisser sur ses tirades aussi aisément que sur les planches, armé d'un débit bien huilé qui faisait un tabac, et chaussé de ses sempiternelles Doc Martens.
Il y avait de bonnes vibrations dans ce théâtre "L'Archipel" et une saine émulation était partagée avec ses partenaires, Laurence, Caroline, Ruthy et Jonathan. Monter une nouvelle pièce sur Paris était une aventure stimulante et chacun mettait de l'ardeur au labeur, les répétitions allant bon train, dans des vapeurs de sueurs positives.
Sur le côté de la scène, "Doc" observait le jeu en cours, en compagnie de Caroline et Ruthy. Jonathan venait juste de faire son entrée, à l'acte 3, et, s'approchant du terrible divan, vantait à Laurence, vautrée:

- "Je n'ose croire, ma dame, en l'expression de vos sentiments distingués! La force de vos assertions affectives me va droit au cœur, et pour aller droit au but, si vos ravages se rapportent à votre plumard, je me confond dans l'espoir d'atteindre votre cœur, après votre corps, pour que nos nuits sans sommeil éclairent mes journées sans soleil!"
- "Pfiouuu, mon seigneur, que de simaleu ... samil ........ slimal .... simalgrées! Allons plutôt dans ma bibliothèque verte, que je vous enf..."

STOOOOOP!!!

-"Bon sang, Laurence! "Simagrées"!!!! C'est pourtant pas compliqué à dire!! Et puis c'est "rose", pas "verte"! Ça aurait quoi, comme intérêt, qu'elle soit verte, la blibi ... blobi ....... blibli ... raaaah, BI-BLI-O-THEQUE!!??
Bon sang, je comprend pas! Ta diction et ta mémoire étaient parfaites jusqu'à aujourd'hui! Je te rappelle, mais c'est bon pour tous ici, que la première a lieu dans 1 semaine, et que c'est pas le moment de me faire des ablutions buccales."

Clémence venait de remettre les esprits et les syllabes à leur place, mais ce ne devait être que temporaire, car quelques répliques plus loin, les séismes onomatopéiques prirent de l'ampleur pour secouer les quatre autres artistes, et elle ne put faire autrement que de lever la séance pour la pause déjeuner.

L'ambiance était cependant primesautière, et ce n'étaient certainement pas quelques dysfonctionnements labiaux qui allaient mettre à mal le moral de la troupe! La pièce était chauffée de dialogues diaboliquement décorés de délires dissolus, peaufinés aux ptits oignons pour coller aux attentes du public parisien.
Clémence savait qu'elle était attendue au tournant, après le succès de "La philosophie dans le couloir", sa précédente pièce, jouée à guichet fermé. Du coup, ses comédiens étaient au taquet et les tickets tous vendus en pré vente.
La troupe se rendit au chinois d'en face sous une pluie soutenue, pour se remettre des tribulations des répétitions et mastiquer un bon riz gluant, et après avoir mené la matinée à la baguette, Clémence s'adoucit un peu à la vue des boulettes de viande, et finit par s'apaiser complètement devant les nougats au sésame et boules-coco.
Rassasiée et regonflée, l'équipe était prête à en re-découdre avec les dernières retouches du script. La sortie des artistes se fit sous une pluie désormais battante, le temps virant à l'orage. Complètement trempés mais soudés par leur bonne humeur, ils zigzaguèrent entre les éclairs lézardant la rue, pour s'engouffrer dans leur théâtre. Sans perdre leur entrain, ils sautèrent sur scène et se repositionnèrent pour l'acte 4.

"Doc" prit une inspiration, un air sombre et tonitrua à l'attention de Ruthy:
-" Je ne suis pas content, Justine! Lorsque tu as donné mon rasoir à aiguiser au rémouleur, il était encore capable de trancher une pomme, et maintenant, je n'arrive même pas à couper une motte de beurre avec!! Qu'as-tu à répondre à cela, Justine?"
-" ... "
STOOOOOOP
-"Bon sang, qu'est-ce qui se passe encore? Ruthy!! Tu es censée répondre quelque chose là non? Tu as perdu ta voix ou quoi? On va pas s'en sortir si ça ....... ".
Clémence venait de voir l'homme qui semblait dormir dans le canapé et qui avait été la source de l'aphonie de Ruthy!
Interloqués, la troupe n'osait bouger, de peur de voir se réveiller l'inconnu, mais un silence pouvant être éloquent, l'individu se mit à remuer, grogner et maugréer quelques sons endormis.
Il se retourna, entrouvrit un œil et se rendit alors compte de la présence des comédiens!
- "Mmmh, salut les gens! Ça s'passe?"

Après quelques secondes suspendues dans une atmosphère surréaliste, Clémence prit la parole:
-"Non mais, vous êtes qui? Qu'est-ce que vous faites sur ce canapé??"
-"Ben!? Chuis Nazim, le pote couchsurfer d'Agnès! J'viens juste d'arriver de Toulouse, là, chuis mort. Du coup, j'ai pas prévenu, mais j'ai préféré m'installer direct sur le canapé pour reprendre des forces! M'en voulez pas j'espère!? En tout cas, elle me l'avait bien dit, Agnès, qu'il était moelleux, mais alors, là, franchement, top, c'est le premier que je vois d'aussi nickel! Merci encore pour l'échange! Goûtez-moi ce petit canapé! Non, mais sérieux, goûtez le ... un régal!

à suivre...

Kusturica

Kusturica